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Néobanques : quelle stratégie pour demain ?

Après la course aux clients, Revolut et ses concurrentes engagent leur seconde phase de développement

En 2025, Nik Storonsky, le patron de Revolut, a annoncé 100 millions de clients dans le monde d’ici 2027 (vs 65 millions aujourd’hui), 11,5 milliards d’euros d’investissement sur cinq ans, 10.000 recrutements supplémentaires.

Au delà de la volonté affichée de continuer à ouvrir massivement des comptes, Revolut et ses concurrentes orientent également leurs efforts vers la diversification et la rentabilité accrue.

De la croissance à la soutenabilité économique

Dans la première phase, l’objectif des néobanques était clair : gagner des parts de marché en cassant les codes bancaires. Comptes gratuits, ouverture en quelques minutes, application fluide : la promesse a séduit des millions de jeunes actifs, voyageurs et indépendants. 

Pour poursuivre leur trajectoire de croissance rentable, Revolut et ses homologues mise désormais sur l’augmentation du revenu par client. Pour cela, l’entreprise renforce son offre premium tout en développant un écosystème plus large : trading d’actions, investissements thématiques, cryptomonnaies, gestion budgétaire automatisée. L’objectif est de transformer un client gratuit et peu actif en utilisateur régulier, générateur de marges. Le résultat est sans appel : en 2024, Revolut a réalisé un chiffre d’affaires de 4 milliards de dollars (+72 % sur un an), et dégagé un bénéfice avant impôt de 1,4 milliard de dollars.

Des ambitions de banque universelle

La seconde phase passe aussi par une montée en gamme réglementaire. Revolut poursuit ses démarches pour obtenir des licences bancaires complètes dans plusieurs pays européens, afin de pouvoir proposer des crédits, des prêts personnels ou encore des produits d’épargne plus attractifs. Ces services à forte valeur ajoutée constituent une étape incontournable pour rivaliser avec les banques traditionnelles, qui demeurent dominantes sur le marché du crédit.

Pour rassurer autorités, partenaires et investisseurs, les néobanques cherchent à développer des capacités internes : équipes de conformité renforcées, infrastructures de sécurité avancées, nouvelles compétences en gestion des risques avec une utilisation accrue de l’intelligence artificielle. 

Une bataille sur la fidélisation des clients

L’autre transformation majeure réside dans la quête de fidélisation. Les néobanques, longtemps confrontées au phénomène des “comptes dormants”, veulent désormais devenir les établissements principaux de leurs clients. En parallèle, la dimension B2B se renforce. Les solutions pour freelances, TPE ou indépendants constituent un relais de croissance important, moins dépendant du volume et plus rentable.

Une maturité encore à prouver

Si cette seconde phase s’annonce prometteuse, elle reste semée de défis : concurrence accrue, exigences réglementaires plus strictes, contexte macroéconomique incertain. Mais une chose est sûre : la “simple” néobanque n’existe plus. Revolut et ses rivales se positionnent désormais comme des plateformes financières intégrées, prêtes à franchir un cap déterminant dans leur histoire.

A ce propos, la nomination, le 4 septembre 2025, de Frédéric Oudéa, ancien patron de la Société Générale, à la présidence de Revolut pour l’Europe de l’Ouest, montre à quel point l’entreprise veut être prise au sérieux sur le marché bancaire.