SNB LCL

Le harcèlement

Le harcèlement au travail constitue l’un des facteurs majeurs de risques psychosociaux (RPS). Qu’il soit moral ou sexuel, il altère profondément la santé des salariés, dégrade le climat de travail et expose l’entreprise à de lourdes conséquences humaines, sociales et juridiques. Pourtant, ces situations restent encore mal identifiées ou banalisées.

De quoi parle-t-on exactement ?

Le harcèlement moral se caractérise par des agissements répétés (propos, comportements, attitudes) qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail. Celle-ci peut porter atteinte aux droits et à la dignité du salarié, altérer sa santé physique ou mentale ou compromettre son avenir professionnel.

Le harcèlement sexuel recouvre, quant à lui, trois réalités :

  • Des propos ou comportements à connotation sexuelle répétés, non désirés, créant une situation intimidante, hostile ou offensante ;
  • Une pression grave, même isolée, exercée dans le but d’obtenir un acte de nature sexuelle (chantage sexuel) ;
  • Une ambiance sexiste, même lorsque les faits proviennent de plusieurs personnes.

Des conséquences lourdes pour les salariés et les collectifs

Lorsqu’il s’installe, le harcèlement peut entraîner fatigue chronique, perte d’estime de soi, anxiété, troubles du sommeil, dépression, voire des conduites addictives ou suicidaires. Pour l’entreprise, les effets sont tout aussi graves : absentéisme, turnover, désorganisation des équipes, baisse de la qualité du travail et multiplication des contentieux.

Quelles sanctions pour les auteurs ?

Le harcèlement moral et le harcèlement sexuel sont des délits pénaux.
L’auteur encourt jusqu’à 2 ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende, indépendamment des sanctions disciplinaires pouvant aller jusqu’au licenciement pour faute grave. Peu importe le statut ou le niveau hiérarchique : manager, collègue ou subordonné peut être tenu pour responsable. Les comportements prétendument « humoristiques » ou « sans intention de nuire » ne constituent en aucun cas une excuse.

Victime ou témoin : quelle conduite adopter ?

Face à une situation de harcèlement, il est essentiel de ne pas rester seul(e).
Quelques réflexes clés :

  • noter précisément les faits (dates, propos, témoins) ;
  • en parler à un interlocuteur de confiance : manager, RH, représentant du personnel, référent harcèlement, médecin du travail ;
  • saisir les représentants du CSE ou déclencher un droit d’alerte ;
  • consulter son médecin et, si nécessaire, envisager un accompagnement psychologique ;
  • rappeler que la loi protège les victimes et les témoins contre toute mesure de rétorsion.

Agir tôt permet d’éviter l’aggravation des situations et de préserver la santé des personnes comme celle des collectifs de travail.


Ce qu’il faut retenir

  • Le harcèlement au travail est un risque psychosocial majeur, jamais anodin.
  • Il peut être moral, sexuel ou lié à une ambiance sexiste.
  • Les auteurs s’exposent à de lourdes sanctions pénales et disciplinaires.
  • Les victimes et témoins sont protégés par la loi.
  • Parler, alerter et agir rapidement sont les meilleurs leviers de prévention.