Vous avez certainement écouté avec beaucoup d’attention les propos de Serge Magdeleine, Directeur Général de LCL, dans la vidéo ACT 2028, postée sur l’intranet de LCL (capture d’écran ci-dessous).

Nous décryptons, pour vous, l’intégration du plan » Energies 2020 » de LCL dans le PMT de Crédit Agricole SA.
Le groupe Crédit Agricole veut changer de dimension d’ici 2028. Avec son nouveau plan stratégique baptisé « ACT 2028 » — pour Accélération, Cohésion et Transformation — la maison mère affiche des ambitions élevées : plus de 60 millions de clients, 60 % des revenus réalisés hors de France et un résultat net supérieur à 8,5 milliards d’euros à horizon 2028.
Dans cette stratégie, LCL occupe une place centrale. Le groupe veut renforcer la complémentarité entre les Caisses régionales, LCL et BforBank afin de mieux résister à la concurrence des néobanques et des acteurs digitaux. LCL devra donc poursuivre sa transformation et la segmentation de sa clientèle.
Concrètement, cela signifie une accélération sur plusieurs fronts.
D’abord, la banque devra monter en gamme sur les clientèles patrimoniales et à forte valeur ajoutée. Le rachat du groupe Milleis, finalisé en 2026, illustre clairement cette orientation. Avec ses 64 000 familles clientes et ses 13 milliards d’euros d’encours, Milleis doit permettre à LCL de renforcer sa présence dans la banque privée et la gestion de patrimoine.
Ensuite, ACT 2028 prévoit une transformation profonde des outils et des méthodes de travail. Crédit Agricole annonce la mutualisation de nombreuses plateformes au niveau du groupe, notamment dans la conformité, la gestion des données et l’intelligence artificielle. Les solutions d’IA développées dans certaines entités seront progressivement partagées à grande échelle.
Pour LCL, cela doit permettre d’améliorer la rentabilité, d’automatiser certaines tâches et de réduire les coûts opérationnels. Le groupe évoque explicitement « l’automatisation front-to-back » et l’usage accru de l’IA pour optimiser l’efficacité opérationnelle.
Mais derrière les annonces stratégiques, les conséquences concrètes pour les salariés restent nombreuses.
Le SNB/CFE-CGC considère que plusieurs points de vigilance devront être au cœur du dialogue social chez LCL.
Le premier concerne l’emploi et les compétences. La transformation numérique et l’automatisation ne doivent pas conduire à une dégradation des effectifs ou à une perte d’expertise dans les métiers de la relation client. L’accompagnement des salariés, la formation et l’anticipation des évolutions professionnelles seront essentiels.
Deuxième vigilance : les conditions de travail. Depuis plusieurs années, les équipes subissent une multiplication des réorganisations, des projets et des évolutions d’outils. La recherche de gains de productivité ne peut pas se traduire par une intensification continue de la charge de travail.
Le syndicat sera également attentif au maintien d’un modèle de banque relationnelle. Si ACT 2028 mise fortement sur le digital et l’intelligence artificielle, la qualité du conseil humain reste un élément différenciant pour LCL, notamment sur les clientèles patrimoniales et professionnelles.
Enfin, le SNB/CFE-CGC demandera de la transparence sur les impacts réels du plan : évolution des métiers, avenir des réseaux, mobilité interne, organisation du travail et trajectoire des effectifs.
Car si ACT 2028 promet une accélération de la transformation, sa réussite dépendra avant tout de celles et ceux qui font vivre LCL au quotidien : les salariés.