Le Crédit Agricole vient d’annoncer la création d’une nouvelle entité de groupe entièrement dédiée à l’intelligence artificielle. Baptisée « Entreprise IA », cette structure sera chargée de développer et d’industrialiser les usages de l’IA pour l’ensemble des métiers du groupe. Pour accompagner cette ambition, 500 millions d’euros seront investis au cours des trois prochaines années.
Cette annonce constitue l’une des mesures phares du plan stratégique ACT 2028. L’objectif affiché est clair : accélérer la transformation du groupe, renforcer son autonomie technologique et déployer à grande échelle des solutions d’intelligence artificielle capables d’améliorer l’efficacité opérationnelle, la relation client, la gestion des risques ou encore la lutte contre la fraude.
Pour les salariés, l’IA n’est plus une perspective lointaine. Elle est déjà présente dans de nombreux outils et son développement va s’accélérer dans les prochaines années. Lors de la présentation du projet, la direction du groupe a insisté sur le fait que l’intelligence artificielle devait être considérée comme un outil au service des collaborateurs et non comme un substitut à l’humain. Elle a également indiqué qu’il n’était pas prévu de réduire les recrutements à ce stade, tout en reconnaissant que certains métiers et certaines tâches évolueront fortement sous l’effet de ces nouvelles technologies.
Cette transformation suscite néanmoins de nombreuses interrogations dans le secteur bancaire. Quels seront les impacts sur l’emploi ? Comment les métiers vont-ils évoluer ? Quelles compétences faudra-t-il développer demain ?
Pour le SNB/CFE-CGC, l’intelligence artificielle représente une opportunité à condition qu’elle soit mise au service des salariés, des clients et de la qualité du travail. Le syndicat rappelle que l’IA doit rester un outil d’aide à la décision et que la responsabilité finale doit toujours demeurer entre les mains des femmes et des hommes qui exercent les métiers de la banque.
Le SNB/CFE-CGC défend également plusieurs exigences : un dialogue social renforcé avant tout déploiement majeur, une transparence sur les usages et les conséquences des algorithmes, ainsi qu’un investissement massif dans la formation. L’évolution des métiers ne peut se faire sans accompagnement. Chaque salarié doit pouvoir acquérir les compétences nécessaires pour travailler avec ces nouveaux outils et sécuriser son parcours professionnel.
Le syndicat sera également particulièrement attentif aux questions de protection des données, de respect de la vie privée et d’éthique. L’utilisation de l’IA ne doit ni dégrader les conditions de travail ni conduire à des décisions automatisées incompréhensibles pour les salariés ou les clients.
Chez LCL, comme dans l’ensemble du groupe Crédit Agricole, le développement de l’intelligence artificielle ouvre une nouvelle étape de transformation. Pour le SNB/CFE-CGC, cette révolution technologique ne pourra être une réussite durable que si elle s’accompagne d’une révolution tout aussi importante dans la formation, l’accompagnement et la reconnaissance des compétences humaines.