L’intelligence artificielle s’impose progressivement dans les métiers de la banque. Analyse documentaire, assistance à la rédaction, recherche d’informations ou automatisation de certaines tâches : les usages se multiplient au sein du groupe Crédit Agricole. Pour accompagner cette transformation, le Groupe a publié un guide rappelant les dix bonnes pratiques à respecter afin de tirer le meilleur parti de ces outils tout en maîtrisant les risques.
La première règle consiste à toujours vérifier les résultats produits par l’IA. Les réponses générées reposent sur des calculs probabilistes et peuvent contenir des erreurs malgré une apparente cohérence. Plus un sujet est sensible ou stratégique, plus le contrôle humain est indispensable.
Deuxième point de vigilance : les biais. Une IA apprend à partir de données créées par des humains. Si ces données comportent des préjugés ou des déséquilibres, ceux-ci peuvent se retrouver dans les résultats proposés. L’esprit critique reste donc essentiel.
Le Groupe invite également les collaborateurs à se prémunir contre les « hallucinations », ces réponses plausibles mais fausses que les IA génératives peuvent produire. Pour limiter ce risque, il est recommandé de rédiger des consignes précises et structurées, tout en conservant une validation humaine systématique.
La qualité des données constitue un autre enjeu majeur. Le Crédit Agricole rappelle que seuls les outils homologués doivent être utilisés dans le cadre professionnel afin de garantir la sécurité des informations et le respect des exigences réglementaires, notamment celles de l’AI Act européen.
Les utilisateurs sont également encouragés à rechercher une meilleure compréhension du fonctionnement des systèmes d’IA. Comprendre comment un résultat est obtenu permet d’en apprécier la pertinence et d’en expliquer les fondements.
Le Groupe attire aussi l’attention sur l’impact environnemental de ces technologies. L’entraînement et l’utilisation des modèles d’IA nécessitent d’importantes ressources informatiques. Une utilisation ciblée et pertinente contribue à limiter cette empreinte.
Autre enjeu : la préservation des compétences humaines. L’IA doit rester un outil d’aide à la décision et non se substituer à l’expertise professionnelle. Un recours excessif pourrait appauvrir les capacités d’analyse ou uniformiser les approches.
La question de la réputation et de la cybersécurité figure également parmi les priorités. L’utilisation d’outils non sécurisés peut exposer l’entreprise à des risques de fuite de données et porter atteinte à son image.
Pour accompagner cette évolution, le Crédit Agricole met l’accent sur la formation. L’IFCAM propose déjà des parcours dédiés afin d’aider les collaborateurs à comprendre les opportunités, les limites et les conséquences de l’IA sur les métiers bancaires.
Enfin, le Groupe souligne l’importance du maintien de son autonomie stratégique, en évitant toute dépendance excessive à un fournisseur ou à une technologie unique.
Ce que porte le SNB/CFE-CGC
Le SNB/CFE-CGC considère que l’intelligence artificielle doit demeurer au service des salariés et de la qualité de la relation client. Nous revendiquons :
- une transparence totale sur les usages de l’IA dans l’entreprise ;
- un droit effectif à la formation pour tous les collaborateurs ;
- le maintien de la responsabilité humaine dans les décisions engageant les clients ou les salariés ;
- la protection renforcée des données personnelles et professionnelles ;
- une évaluation régulière des impacts de l’IA sur les métiers, les compétences et l’emploi ;
- l’association des représentants du personnel aux projets de déploiement des solutions d’intelligence artificielle.
Pour le SNB/CFE-CGC, l’innovation technologique ne peut être pleinement réussie que si elle s’accompagne d’un dialogue social de qualité, de garanties pour les salariés et d’une valorisation durable de l’expertise humaine.
Retrouvez le guide IA du Crédit agricole ci-dessous :