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Réorganisations : qu’en penser ?

Le mot « réorganisation » suscite rarement l’enthousiasme. Il évoque le changement d’organigramme, l’évolution des métiers, de nouvelles méthodes de travail et parfois la disparition de certaines fonctions.

Pourtant, se réorganiser n’est pas un phénomène exceptionnel dans la vie d’une entreprise. C’est même l’une des conditions de sa pérennité.

Une entreprise ne vit jamais en vase clos

Une entreprise est avant tout un corps social vivant. Elle évolue avec ses clients, les technologies, la réglementation, la concurrence et les transformations de la société. Une organisation parfaitement adaptée aujourd’hui peut ainsi devenir obsolète quelques années plus tard.

L’histoire de la banque l’illustre parfaitement. Au XIXe siècle, le développement des banques de dépôt et l’ouverture progressive de leurs services à une clientèle beaucoup plus large ont profondément transformé le métier bancaire. Il a fallu créer des réseaux d’agences, recruter et inventer de nouvelles façons de gérer la relation avec les particuliers.

Au XXe siècle, nouvelle révolution : l’informatique automatise progressivement les traitements, tandis que la carte bancaire, les distributeurs automatiques et les moyens de paiement électroniques modifient profondément le fonctionnement des agences. Des tâches disparaissent ou se réduisent, mais de nouveaux métiers apparaissent dans l’informatique, les paiements, le marketing, le contrôle ou la sécurité.

Au XXIe siècle, le mouvement s’accélère encore. Internet, le smartphone et la banque à distance ont profondément modifié les comportements des clients. Désormais, l’intelligence artificielle ouvre une nouvelle étape, en permettant d’automatiser certaines tâches, d’exploiter davantage les données et d’assister les salariés dans leurs activités.

S’adapter ou risquer de disparaître

Se réorganiser n’est donc pas seulement rechercher davantage d’efficacité : c’est aussi répondre à une nécessité de survie. L’histoire économique compte de grandes entreprises qui n’ont pas suffisamment anticipé les transformations de leur marché. Kodak, longtemps géant de la photographie, n’a pas réussi à transformer suffisamment vite son modèle face au numérique. Blockbuster, leader américain de la location de vidéos, n’a pas résisté à l’évolution vers la consommation de contenus en ligne. BlackBerry, acteur majeur du smartphone professionnel, a vu sa position s’effondrer après l’arrivée des nouvelles générations de smartphones tactiles.

Leur histoire rappelle une réalité : ne pas changer peut parfois être plus dangereux que changer.

Les métiers changent, les compétences doivent suivre

Toute réorganisation comporte néanmoins une dimension humaine essentielle. Derrière les organigrammes, il y a des salariés, des compétences, des parcours professionnels et parfois des inquiétudes légitimes.

Certaines fonctions disparaissent, d’autres se transforment et de nouveaux métiers émergent. Dans la banque, les besoins progressent notamment autour de la donnée, de la cybersécurité, de l’intelligence artificielle, de la conformité ou encore de l’accompagnement de clients confrontés à des problématiques de plus en plus complexes.

C’est précisément ici que se situe, pour le SNB/CFE-CGC, un enjeu majeur : l’employabilité.

Accepter que l’entreprise doive évoluer ne signifie pas accepter que les salariés subissent ces transformations. La responsabilité de l’employeur est d’anticiper les compétences de demain et de donner à chacun les moyens de s’y préparer.

Formation continue, accompagnement des mobilités, reconversion, certification des compétences, anticipation des métiers sensibles : l’employabilité doit se construire tout au long de la carrière.

Pour le SNB/CFE-CGC, une réorganisation réussie ne se mesure donc pas uniquement aux gains d’efficacité obtenus. Elle doit aussi permettre aux salariés de trouver leur place dans l’entreprise de demain. Car si LCL doit sans cesse s’adapter pour rester performant, ses salariés doivent pouvoir évoluer avec elle.