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La tokenisation expliquée simplement

Tokeniser un actif, c’est créer sa représentation numérique sous forme de « token » sur une blockchain. Pour un conseiller, le plus simple est de partir de produits bancaires connus et d’observer ce que la tokenisation change réellement.

1. Un placement de trésorerie à 3 mois

Une entreprise dispose de 500 000 € dont elle n’a pas besoin pendant trois mois. Son conseiller lui propose une solution de placement adaptée à sa durée, son niveau de risque et son besoin de liquidité.

Le mécanisme traditionnel

  • Création / souscription : le client investit 500 000 € et reçoit des parts du placement ;
  • Vie du placement : pendant trois mois, les fonds sont investis et génèrent une rémunération selon les caractéristiques du produit ;
  • Sortie : le client demande le rachat de ses parts et récupère son capital, augmenté ou diminué de la performance du placement selon sa nature.

Avec la tokenisation

Le mécanisme économique reste identique. C’est principalement la représentation des parts et leur infrastructure de traitement qui évoluent. Une société de gestion comme Amundi gère le fonds et les actifs qui le composent. Un acteur spécialisé comme CACEIS peut permettre la création et l’enregistrement des parts sous forme de tokens sur une blockchain.

Le schéma devient alors :

500 000 € investis → parts du fonds → représentation sous forme de tokens → détention pendant 3 mois → rachat → restitution des fonds.

Le conseiller continue donc à raisonner en besoin client, durée, rendement, risque et liquidité.

2. Un crédit de 1 million d’euros sur 7 ans

Une entreprise souhaite financer un investissement de 1 million d’euros sur 7 ans. Le conseiller analyse le projet, la capacité de remboursement et construit la solution de financement. Pour certaines opérations complexes ou relevant des marchés de capitaux, CACIB peut apporter une expertise complémentaire.

Le mécanisme traditionnel

  • Création de la dette : le contrat de crédit matérialise la créance de la banque sur son client ;
  • Mise à disposition : 1 million d’euros est versé à l’entreprise ;
  • Vie du crédit : pendant 7 ans, l’entreprise rembourse le capital et les intérêts selon l’échéancier prévu ;
  • Extinction : lorsque la dernière échéance est réglée, la dette disparaît.

Avec la tokenisation 

Le principe économique ne change pas : le client emprunte toujours 1 million d’euros et doit toujours le rembourser. En revanche, tout ou partie des droits associés à cette créance peut être représenté sous forme de tokens. La blockchain peut alors enregistrer différents événements liés à la vie de cet actif numérique : création, détention, éventuel transfert, remboursement puis extinction. Lorsque la dette est intégralement remboursée, les tokens représentant cette créance n’ont plus vocation à matérialiser un droit financier existant.

3. Qu’apporte la tokenisation ?

Dans les circuits financiers traditionnels, une même opération peut mobiliser plusieurs systèmes informatiques et plusieurs intervenants : banque, société de gestion, dépositaire, teneur de registre ou infrastructures de règlement-livraison.

La tokenisation permet de représenter certains actifs et certains droits dans un environnement numérique partagé reposant sur une blockchain.

Pour le client

Elle peut permettre, selon les infrastructures utilisées :

  • Des traitements plus rapides pour certaines opérations ;
  • Une meilleure traçabilité des mouvements ;
  • Des infrastructures potentiellement accessibles sur des plages horaires plus larges ;
  • L’accès à de nouvelles formes de détention, de transfert ou d’utilisation des actifs financiers.

La technologie reste toutefois un moyen. Pour le client, la question essentielle demeure : quel avantage concret la solution tokenisée apporte-t-elle par rapport au produit traditionnel ?

Pour la banque

Les enjeux sont potentiellement importants.

  • Automatiser davantage. Certaines étapes peuvent être déclenchées ou enregistrées automatiquement ;
  • Limiter certains rapprochements. Un registre partagé peut réduire la nécessité de réconcilier plusieurs systèmes enregistrant une même opération ;
  • Accélérer certains traitements. La circulation d’un actif tokenisé peut simplifier certaines étapes ;
  • Renforcer la traçabilité. Les événements enregistrés sur la blockchain peuvent être suivis tout au long de la vie de l’actif ;
  • Mobiliser les expertises du Groupe. Le conseiller conserve la relation et la connaissance du client ; CACIB apporte si nécessaire son expertise financière et de structuration ; Amundi gère les actifs ; CACEIS fournit les services et infrastructures permettant leur tokenisation et leur traitement.

À RETENIR

La tokenisation ne change pas nécessairement le produit financier : elle change la manière dont un actif ou un droit est représenté, enregistré et éventuellement transféré.

Pour le client, elle peut apporter rapidité, traçabilité et nouveaux services.

Pour la banque, elle ouvre des perspectives d’automatisation, de simplification des traitements et de développement de nouvelles offres.

Et pour le conseiller, le réflexe reste exactement le même : Besoin du client → solution adaptée → bénéfice concret pour le client.