Crédit Agricole CIB (CACIB) et CACEIS viennent de réaliser une opération de pension livrée – ou « repo » – utilisant des parts tokenisées d’un fonds monétaire d’Amundi. Derrière cette opération très technique se cache une évolution importante : la blockchain commence à s’intégrer dans des mécanismes financiers traditionnels.
Une innovation construite en plusieurs étapes
Le Groupe Crédit Agricole ne part pas d’une page blanche. Dès novembre 2025, Amundi, en collaboration avec CACEIS, avait lancé une première part tokenisée de son fonds monétaire Amundi Funds Cash EUR. Le fonds restait accessible par les circuits traditionnels mais également sous cette nouvelle forme numérique, enregistrée sur la blockchain Ethereum. CACEIS fournit notamment l’infrastructure technologique de tokenisation, les portefeuilles numériques ainsi que la plateforme permettant de traiter les souscriptions et rachats.
Le Groupe a depuis multiplié les expérimentations. En juillet 2026, il a notamment lancé EURXT, un stablecoin en euros, et réalisé une première souscription utilisant cet instrument dans un fonds monétaire tokenisé d’Amundi.
Une nouvelle étape est désormais franchie avec l’utilisation de parts tokenisées dans une opération de financement.
Pour mieux comprendre la tokenisation c’est ici : La tokenisation expliquée simplement – SNB LCL
Un « repo » traditionnel… avec un actif qui ne l’est plus
Une pension livrée est un mécanisme bien connu des marchés financiers. Schématiquement, un actif est échangé contre des liquidités avec l’engagement de le racheter ultérieurement. L’actif sert ainsi de garantie à une opération de financement.
Dans l’opération réalisée au sein du Groupe, Amundi fournit le fonds sous-jacent, Amundi Funds Cash EUR. À la demande d’Amundi, CACEIS crée et enregistre des parts de ce fonds sous forme de tokens numériques sur Ethereum puis en fait l’acquisition.
CACIB, en partenariat avec CACEIS, structure et exécute ensuite la pension livrée en utilisant ces parts tokenisées comme actif sous-jacent.
L’innovation est là : un produit financier traditionnel et un mécanisme de financement traditionnel sont désormais capables de fonctionner avec un actif représenté sur une blockchain.
Nous ne sommes donc plus seulement dans la démonstration technologique. L’actif tokenisé commence à pouvoir être détenu, transféré mais aussi mobilisé dans une opération financière.
Pourquoi est-ce important pour LCL ?
À première vue, ces opérations semblent éloignées du quotidien d’une banque de réseau. Pourtant, ce qui est expérimenté aujourd’hui chez CACIB, CACEIS ou Amundi peut préfigurer une évolution plus large des produits financiers et de leur infrastructure.
Demain, les conseillers Entreprises ou Institutionnels pourraient être confrontés à de nouvelles solutions de trésorerie ou de financement ; la Gestion Privée et la Banque de Fortune à des produits d’investissement tokenisés ; et progressivement d’autres marchés pourraient être concernés.
SNB/CFE-CGC : anticiper plutôt que subir
Pour le SNB/CFE-CGC, l’enjeu est donc clair : LCL doit préparer ses salariés avant que ces technologies n’arrivent dans leur quotidien professionnel.
Nous demandons une sensibilisation progressive de l’ensemble des conseillers aux actifs numériques, complétée par des formations spécifiques pour les populations les plus directement concernées : Entreprises, Institutionnels, Gestion Privée et Banque de Fortune.
Le SNB/CFE-CGC souhaite également que les compétences développées au sein de CACIB, Amundi et CACEIS irriguent LCL, avec des formations, des passerelles métiers et de nouvelles opportunités de mobilité.
L’innovation technologique ne doit pas seulement transformer les produits et les processus : elle doit aussi devenir une opportunité de développement des compétences et des parcours professionnels des salariés de LCL.