Chaque 18 octobre, la Journée mondiale de la ménopause contribue à lever le voile sur une étape naturelle de la vie des femmes encore trop souvent entourée de gêne ou d’idées reçues. À l’âge où beaucoup occupent des postes à responsabilités et disposent d’une solide expérience professionnelle, certaines doivent pourtant composer avec des symptômes susceptibles d’affecter leur quotidien, y compris au travail.
Une transition naturelle, mais très variable selon les femmes
La ménopause correspond à l’arrêt définitif du fonctionnement ovarien et des règles. Elle intervient généralement entre 45 et 55 ans, autour de 51 ans en moyenne en France. Elle est souvent précédée d’une périménopause de plusieurs années, marquée par d’importantes variations hormonales.
La ménopause n’est pas une maladie et toutes les femmes ne la vivent pas de la même manière. Certaines ressentent peu de changements ; pour d’autres, les manifestations peuvent être nombreuses et suffisamment importantes pour altérer leur qualité de vie.
Bouffées de chaleur, sueurs nocturnes, fatigue, sommeil perturbé, irritabilité, douleurs, troubles génito-urinaires peuvent apparaître. Certaines femmes décrivent également un « brouillard cérébral », avec des difficultés temporaires de concentration ou de mémorisation.
Quand les symptômes franchissent la porte de l’entreprise
Ces manifestations ne disparaissent évidemment pas lorsque débute la journée de travail. Une mauvaise nuit peut entraîner fatigue et difficultés de concentration ; une bouffée de chaleur peut devenir particulièrement inconfortable pendant un rendez-vous client ou une réunion ; l’enchaînement des journées très chargées peut être plus difficile à supporter.
Cela ne signifie surtout pas qu’une femme ménopausée devient moins compétente ou moins performante. Il s’agit plutôt de comprendre qu’une période physiologique particulière peut nécessiter, temporairement et selon les situations individuelles, davantage de souplesse.
Le sujet mérite d’autant plus d’être pris au sérieux que le Plan santé au travail 2026-2030 fait de la préservation de la santé des femmes au travail l’une de ses orientations.
Pour le SNB/CFE-CGC, la santé au travail doit s’adapter aux réalités de la vie
Chez LCL, le SNB/CFE-CGC considère que la santé au travail doit accompagner les salariés tout au long de leur carrière. La ménopause doit pouvoir être abordée sans tabou, mais également sans jamais obliger une salariée à dévoiler une information relevant de sa vie privée ou de sa santé.
Nous préconisons donc de sensibiliser les managers et les acteurs RH, de mieux faire connaître le rôle de la médecine du travail et de faciliter, lorsque la situation le justifie, des adaptations simples : souplesse ponctuelle des horaires, recours facilité au télétravail pour les fonctions qui le permettent, possibilité de faire des pauses, attention portée à la température des locaux et adaptation temporaire de l’organisation du travail.
Le SNB/CFE-CGC encourage également les salariées confrontées à des symptômes gênants à ne pas les banaliser et à en parler à un professionnel de santé : des prises en charge existent et doivent être adaptées à chaque femme.
Prendre en compte la ménopause au travail, ce n’est pas accorder un privilège. C’est simplement reconnaître une réalité de santé qui concerne, directement ou indirectement, une grande partie des salariés et permettre à chacune de poursuivre sa carrière dans les meilleures conditions possibles.