La banque, un secteur encore solide mais sous tension
Le secteur bancaire demeure un poids lourd de l’emploi en France, même si les signaux de transformation se multiplient. Selon les données les plus récentes disponibles au niveau France, les banques emploient environ 373 600 salariés, soit près de 1,7 % de l’emploi salarié privé. En 2024, près de 38 600 recrutements ont été réalisés sur le marché français, majoritairement en CDI, confirmant une certaine stabilité de l’emploi bancaire malgré un contexte économique incertain.
Cependant, ces chiffres masquent des évolutions structurelles. Après un pic de recrutements observé en France en 2022, le volume d’embauches s’est légèrement contracté. Parallèlement, le nombre total de salariés tend à diminuer progressivement, sous l’effet conjugué des départs naturels, des plans de réorganisation et de la réduction du réseau d’agences. Cette tendance s’inscrit dans un mouvement plus large observé à l’échelle européenne, où les banques ajustent leurs effectifs pour gagner en efficacité opérationnelle.
Les métiers traditionnels du back-office et certaines fonctions administratives sont particulièrement concernés, tandis que la relation client de proximité continue de jouer un rôle central, bien que profondément transformé.
Une banque en mutation accélérée
Les perspectives de l’emploi bancaire s’inscrivent dans un monde financier en pleine mutation, marqué par la digitalisation, l’automatisation et l’intelligence artificielle. À l’échelle européenne, plusieurs études estiment que des dizaines de milliers d’emplois bancaires pourraient être transformés ou supprimés d’ici 2030, notamment dans les fonctions de traitement standardisé.
En France, cette évolution se traduit par des restructurations ciblées, accompagnées de stratégies de mobilité interne et de montée en compétences. La transformation numérique modifie profondément la distribution des services bancaires : la fréquentation des agences physiques recule, tandis que les usages digitaux deviennent dominants. Les établissements bancaires développent ainsi des modèles hybrides, combinant services à distance, agences allégées et expertises spécialisées accessibles sur rendez-vous.
Cette évolution n’annonce pas une disparition massive de l’emploi bancaire, mais plutôt un déplacement des besoins : moins de postes généralistes, davantage de fonctions expertes et technologiques.
Vers les métiers bancaires de demain
Dans ce contexte, de nouvelles opportunités professionnelles émergent, tant en France qu’au niveau européen. Les banques recherchent de plus en plus des profils qualifiés capables d’accompagner leur transformation.
Parmi les métiers appelés à se développer figurent :
- Les spécialistes de la data et de l’intelligence artificielle, chargés d’améliorer la personnalisation des offres, la lutte contre la fraude et l’optimisation des processus ;
- Les experts en cybersécurité et protection des données, devenus stratégiques face à la montée des risques numériques ;
- Les professionnels de la conformité et de la gestion des risques, dans un environnement réglementaire toujours plus exigeant ;
- Les experts en finance durable et ESG, pour accompagner la transition écologique et répondre aux attentes sociétales ;
- Les conseillers clientèle à forte valeur ajoutée, capables de proposer un accompagnement patrimonial, entrepreneurial ou financier personnalisé, parfois à distance.
La qualité de l’emploi évolue également : davantage de compétences techniques, une autonomie renforcée, mais aussi des exigences accrues en matière de formation continue et d’adaptabilité.
Conclusion
L’emploi bancaire en France entre dans une nouvelle phase de son histoire. Si les effectifs globaux tendent à se stabiliser, voire à diminuer légèrement, les opportunités se déplacent vers des métiers plus qualifiés et stratégiques. L’enjeu pour les établissements bancaires comme pour les salariés sera d’anticiper ces transformations afin de faire de la mutation du secteur non pas une menace, mais un levier durable d’évolution professionnelle.
Le SNB/CFE-CGC LCL accompagnera ces mutations en s’assurant non seulement du bon niveau de formation proposé aux salariés mais aussi du bon environnement de travail : objectifs clairs, outils performants, procédures adaptées, feedbacks constructifs, coopération facilitée.