L’intelligence artificielle (IA) s’installe dans les outils métiers, les parcours clients et les fonctions supports. Dans ce contexte, une idée reçue persiste : la technologie rendrait l’expérience moins utile. En réalité, chez LCL comme dans l’ensemble du secteur bancaire, les seniors deviennent un atout stratégique.
L’IA calcule, l’expérience contextualise
Les nouveaux outils savent analyser des volumes massifs de données, produire des synthèses, détecter des signaux faibles. Mais ils ne connaissent ni l’historique d’un client, ni la complexité d’une relation commerciale construite sur la durée, ni les équilibres humains d’une équipe.
Sur le terrain, les commerciaux expérimentés savent anticiper une objection avant qu’elle ne s’exprime. Les managers chevronnés perçoivent les tensions derrière des indicateurs satisfaisants. Au sein de OSC/POSC et du Siège, l’expérience permet d’identifier les impacts en cascade d’une décision technique ou organisationnelle.
L’IA fournit des réponses rapides. Les seniors posent les bonnes questions — celles qui sécurisent la décision.
Une mémoire précieuse dans un environnement instable
Digitalisation accélérée, exigences réglementaires croissantes, concurrence de nouveaux acteurs : la banque traverse une transformation profonde. Dans ce contexte, la mémoire organisationnelle devient un capital invisible.
Les salariés expérimentés ont connu des cycles économiques contrastés, des crises financières, des réorganisations internes. Ils savent ce qui a fonctionné, ce qui a échoué, et pourquoi. Cette capacité de recul évite de reproduire des erreurs coûteuses et tempère les effets de mode.
À l’heure où l’IA accélère la prise de décision, cette prudence éclairée constitue un facteur de stabilité.
Des garants du cadre et de l’éthique
L’IA n’est pas neutre. Elle pose des questions de biais, de protection des données, de transparence des décisions automatisées. Dans une banque, où la confiance est centrale, ces enjeux sont majeurs.
Par leur connaissance des règles, des risques et des responsabilités, les seniors jouent un rôle de garde-fou. Ils challengent les résultats produits par les outils, interrogent les automatismes, rappellent les obligations réglementaires. Cette vigilance protège les clients autant que l’entreprise.
Une complémentarité intergénérationnelle
La transformation numérique modifie les compétences attendues. Les plus jeunes maîtrisent souvent intuitivement les nouveaux outils. Les seniors, eux, excellent dans la relation client, la gestion de situations complexes et la prise de décision sous contrainte.
L’enjeu n’est pas d’opposer ces profils, mais de les combiner. Transmission des savoir-faire, mentorat, travail en binôme : c’est dans cette hybridation que se crée la valeur.
Les revendications du SNB/CFE-CGC
Pour le SNB/CFE-CGC, cette évolution impose des engagements clairs :
- un accès effectif à la formation aux outils d’IA pour tous les salariés, quel que soit leur âge et leur métier ;
- la reconnaissance de l’expertise et de la transmission dans les parcours professionnels ;
- la lutte contre toute forme de discrimination liée à l’âge ;
- des organisations du travail qui n’utilisent pas l’IA pour intensifier les objectifs ou réduire les effectifs au détriment des conditions de travail.
À l’ère de l’IA, l’expérience n’est pas un frein. Elle est un levier. Encore faut-il choisir d’en faire une stratégie collective plutôt qu’un simple ajustement technologique.