L’entretien professionnel évolue. À la suite de la loi du 24 octobre 2025, il devient désormais l’entretien de parcours professionnel (EPP). Derrière ce changement de nom se cache une évolution plus profonde, avec une ambition affichée : mieux accompagner les salariés tout au long de leur carrière, en particulier face aux transformations des métiers et à l’allongement de la vie professionnelle.
Avant toute chose, rappelons une distinction essentielle : l’entretien de parcours professionnel n’est pas l’entretien annuel d’évaluation de la performance. Le premier porte exclusivement sur votre parcours, vos compétences, vos besoins de formation et vos perspectives d’évolution. Il ne peut en aucun cas servir à évaluer votre travail ou vos résultats.
La réforme enrichit considérablement le contenu de cet échange. Désormais, le manager devra aborder les compétences mobilisées dans votre poste, l’évolution des métiers, vos besoins de formation, vos souhaits de mobilité ou de reconversion, mais également les possibilités offertes par le CPF, le bilan de compétences ou la validation des acquis de l’expérience. Les préconisations du médecin du travail en matière d’aménagement du poste ou du temps de travail devront également être évoquées lorsqu’elles existent.
La périodicité évolue également. L’entretien n’aura plus lieu tous les deux ans mais tous les quatre ans, sauf accord collectif plus favorable. En contrepartie, deux rendez-vous spécifiques sont créés : un premier autour de 45 ans, à la suite de la visite médicale de mi-carrière, afin d’anticiper les questions d’usure professionnelle et d’évolution des compétences ; un second entre 58 et 59 ans, consacré notamment au maintien dans l’emploi, à la retraite progressive ou à l’aménagement de la fin de carrière. L’état des lieux récapitulatif passe quant à lui de six à huit ans.
Pour le SNB/CFE-CGC, cette réforme présente plusieurs avancées positives. Elle reconnaît que la carrière ne se résume pas à la performance immédiate et ouvre davantage la discussion sur les compétences, les transitions professionnelles et la prévention de l’usure au travail. Les entretiens dédiés aux salariés expérimentés constituent également un signal encourageant dans un contexte d’allongement des carrières.
En revanche, plusieurs points interrogent. La diminution de la fréquence des entretiens « classiques » pourrait conduire certains salariés à attendre plus longtemps avant d’échanger sur leurs projets d’évolution ou leurs besoins de formation. Le SNB/CFE-CGC sera également attentif à ce que ces nouveaux entretiens disposent d’un temps d’échange réellement suffisant, que les managers soient correctement formés et qu’ils débouchent sur des actions concrètes plutôt que sur un simple exercice administratif. Enfin, l’entretien de parcours professionnel ne devra jamais devenir un outil détourné d’évaluation de la performance : sa vocation première doit rester l’accompagnement durable de chaque salarié dans son parcours professionnel.