SNB LCL

Négociation sur les salaires : la mesure unilatérale a été présentée

Comité Social et Economique Central (CSEC) – séance de présentation, 4 février 2026

La Direction a présenté, le 4 février 2026, la mesure unilatérale qui clôt le cycle des négociations sur les augmentations de salaires. Cette mesure fait suite au refus des organisations syndicales représentatives de signer le projet d’accord qui avait été présenté en conclusion des négociations.

Sans surprise, le Directeur des Ressources Humaines a énuméré, dans sa mesure unilatérale, l’ensemble des points, déjà détaillés dans la séance conclusive, repris ci-après.

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NAO (Négociation Annuelle Obligatoire) sur les salaires – séance conclusive, 12 janvier 2026

Nous indiquions le 17 décembre 2025, dans notre dernier article sur la négociation sur les salaires (NAO), que l’effort consenti par la Direction était notable avec une proposition de budget NAO à 2,3 % mais que cette dernière restait encore trop éloignée de notre demande justifiée d’une enveloppe à 2,8%. 

Lors de la séance conclusive du 12 janvier 2026, la Direction a conservé sa proposition et n’a pas souhaité améliorer son offre. Alors que nous espérions un geste qui aurait pu nous amener à 2,5% ; geste qui aurait mérité une réflexion pour une signature de notre part, la Direction est restée campée sur sa position.

Finalement, la proposition détaillée est la suivante : 

  • 1,236% pour MSI, socles et repères ;
  • 0,05% dédiés aux rattrapages de salaires en vue de l’égalité Hommes-Femmes ;
  • 0,114% pour le Forfait Mobilité Durable (FMD), la prise en charge d’une partie du coût des transports en commun et la neutralisation de l’augmentation du coût de la complémentaire santé (*) ;
  • 0,9% pour la poursuite des mesures de convergence.

Le total reste donc bien inchangé à 2,3% de la masse salariale. 

La Direction a annoncé, d’ores et déjà, que sans signature d’au moins deux organisations syndicales représentatives, la mesure unilatérale reprendra exactement l’enveloppe de 2,3% ainsi que sa répartition.

(*) Concernant la complémentaire santé, la prise en charge par LCL sera de 61,66%, au lieu de 60,66% actuellement, et être, au minimum, égale à 1,073% du plafond mensuel de la Sécurité Sociale, soit 42,97 € par mois. La prise en charge des transports en commun sera de 57% contre 55% aujourd’hui. Le FMD reste inchangé à 400 € annuels, plafonné à 600 € avec la prise en charge des transports en commun.

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NAO (Négociation Annuelle Obligatoire) sur les salaires – séance 3, 17 décembre 2025

La Direction maintient son refus catégorique d’une augmentation générale des salaires mais elle a revu sa proposition initiale d’une enveloppe de 1,9 % de la masse salariale dédiée aux salaires et mesures périphériques.

La Direction conserve sa démarche bâtie sur :

  • Des mesures uniquement pérennes (pas de prime) qui contribuent à la protection sociale des salariés ;
  • Une mise en valeur des compétences et des performances individuelles ;
  • Des mesures de convergence qui continueront à œuvrer en 2026.

Compte tenu des arguments du SNB/CFE-CGC, développés dans la déclaration en préambule de la séance, la Direction propose désormais une enveloppe de 2,3 % de la masse salariale qui se décompose selon le schéma suivant :

  • Valorisation des Compétences : 1,24 % pour les MSI ;
  • Reconnaissance des écarts de rémunération entre les femmes et les hommes : 0,05 % pour les mesures égalité professionnelle ;
  • Amélioration de l’offre employeur : 0,11 % pour minorer l’augmentation des cotisations à la complémentaire santé de LCL et améliorer la participation de l’employeur aux frais de transport ;
  • Poursuite des mesures de convergence : 0,9 % .

Pour le SNB/CFE-CGC l’effort consenti par la Direction est notable mais les 2,3 % restent encore éloignés de nos demandes.

Il reste encore une séance de négociation programmée le 12 janvier 2026 pour finaliser les positions de chacun. 

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NAO (Négociation Annuelle Obligatoire) sur les salaires – séance 2, 27 novembre 2025

Lors de la deuxième séance de négociation annuelle obligatoire (NAO) sur l’évolution des salaires en 2026, le SNB/CFE-CGC a fait la déclaration suivante :

Dans le bilan des rémunérations envoyé, par mail le 25/11, aux collaborateurs, vous écrivez : «Chez LCL, la reconnaissance de la contribution individuelle et de la compétence est un attendu fort. Alors que l’inflation est en net repli au regard des années précédentes (+1% prévu en 2025), nous avons consacré en 2025 2,6% de la masse salariale à l’évolution des rétributions ». 

La transformation de LCL s’est largement accélérée depuis l’arrivée de Serge MAGDELEINE et nous accueillons favorablement les démarches entreprises qui vont dans le sens d’un développement du fonds de commerce de notre maison. LCL doit donc continuer à valoriser le travail des équipes qui construisent LCL 2030. 

Aussi, dans un contexte d’inflation attendu à +1,3 % en moyenne annuelle 2026 (Projet de loi de finance 2026), LCL doit être en mesure de poursuivre les efforts de valorisation salariale en consacrant 2,8% de la masse salariale à l’évolution des rétributions, ce qui représente19,8 millions d’euros. 

Par ailleurs, nous demandons également un effort supplémentaire de l’employeur sur sa participation à la complémentaire santé des salariés.

Enfin, nous rappelons que la prime de partage de la valeur est exonérée de toutes les cotisations et contributions sociales d’origine légale ou conventionnelle à la charge du salarié et de l’employeur. Aussi, nous proposons, en complément des mesures précédemment annoncées, la mise en place d’une PPV de 1000 euros pour tous.

La Direction présente, pour le moment, une enveloppe globale de 1,9% dont 0,9% seulement consacrés à la valorisation des compétences (MSI) ; le reste étant affecté à l’égalité Femmes-Hommes (0,05%), l’offre employeur – participation à la complémentaire santé par exemple (0,05%) et la poursuite des convergences (0,9%). 

Pour le SNB, les 0,9% sur les compétences sont trop en deçà des attentes des collègues et ne permettront pas une annonce en 2026 telle que celle, faite en 2025, qui indique que 50% des salariés ont perçu une mesure salariale.

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NAO (Négociation Annuelle Obligatoire) sur les salaires – séance 1, 20 novembre 2025

Même si le contexte économique et politique français reste sensible, le SNB/CFE-CGC demande la poursuite de la revalorisation des salaires chez LCL avec notamment :

  • Une enveloppe conséquente destinée aux mesures salariales individuelles ;
  • Une prime de partage de la valeur (PPV) pour tous ;
  • Une augmentation de la part « employeur » à la cotisation à notre mutuelle.

Ces mesures sont nécessaire car, pour le SNB/CFE-CGC, c’est bien au moment où l’entreprise se transforme qu’elle a le plus besoin de motiver ses collaborateurs.

Quelles perspectives d’augmentations en 2026 ?

En France, les entreprises ne sont plus poussées par l’inflation ou la forte pression du marché de l’emploi pour valider des revalorisations générales des salaires, alors qu’en parallèle l’activité économique est moins dynamique.

L’étude People Base CBM (*) prévoit des perspectives d’augmentation plus faibles en 2026 par rapport aux années précédentes. Les hausses de salaire généralisées devraient perdre du terrain au profit d’augmentations individuelles et ciblées. Ainsi, moins de la moitié des entreprises interrogées prévoient une augmentation générale en 2026.

Enfin, le taux moyen d’augmentation individuelle prévue en 2026 par les sociétés est bien plus élevé pour les augmentations individuelles (1,79%) que pour les augmentations générales (0,91%).

Quelle tendance pour la banque ? 

Globalement, les NAO bancaires pour 2026 semblent marquées par un équilibre fragile : d’un côté, les banques cherchent à maîtriser leurs coûts en limitant les hausses collectives ; de l’autre, le SNB/CFE-CGC, syndicat majoritaire du secteur, cherche à préserver le pouvoir d’achat.

À ce stade, les perspectives salariales dans la banque pour 2026 n’annoncent pas un renouveau spectaculaire, mais plutôt une stabilisation prudente ; une stratégie qui vise à concilier performance financière des établissements et reconnaissance des collaborateurs, dans un environnement économique incertain.

Le SNB/CFE-CGC sera donc particulièrement attentif à la défense du pouvoir d’achat de nos collègues chez LCL.

Des augmentations ciblées pour les banques AFB 

Comme a son habitude, BNP PARIBAS a ouvert le bal des négociations. Elle a réussi à conclure un accord NAO pour 2026 sans augmentation collective mais avec un budget d’augmentations individuelles équivalent à 2 % de la masse salariale, accompagné d’une prime de partage de la valeur qui sera versée en février 2026 : 1 300 € jusqu’à 60 000 € de revenus et 1 000 € pour les salaires compris entre 60 001 € et 100 000 €. En outre, la direction de la banque envisage d’augmenter sa part de cotisation à la mutuelle (de 56,6 % à environ 69 %) et consacre 5 millions d’euros à des mesures en faveur de l’égalité professionnelle femmes-hommes.

Globalement, les mesures négociées chez BNP PARIBAS constituent une légère amélioration par rapport à 2025. Les syndicats représentatifs de BNP PARIBAS (SNB/CFE-CGC et CFDT) ont donc décidé, le 22 octobre 2025, de signer la proposition d’accord.

Encore quelques mesures générales chez les mutualistes

Le groupe mutualiste CREDIT MUTUEL ALLIANCE a signé, avec les syndicats, un accord salarial prévoyant une hausse générale de 1 % en 2026 avec un minimum de 500 euros d’augmentation annuelle brute. Une enveloppe pour des augmentations individuelles (1,7 %) et un abondement au plan d’épargne viennent en complément de ces mesures.

Du côté des Caisses régionales du CREDIT AGRICOLE, la direction a proposé une augmentation générale de 0,44 % en moyenne, en deçà des 0,53 % accordés en 2025.

Ce qu’il faut retenir

Les premières orientations des NAO 2026 dans la banque confirment une année placée sous le signe de la modération salariale malgré des résultats financiers en hausse constante. Dans un environnement économique incertain, les Directions cherchent avant tout à stabiliser les coûts tout en maintenant un minimum de progression pour les collaborateurs.

Pour le SNB/CFE-CGC, tout l’enjeu est de savoir si ces équilibres suffiront à préserver le pouvoir d’achat et la motivation des salariés dans un secteur où les transformations — technologiques, réglementaires, commerciales — continuent de s’accélérer.

(*) Analyse menée entre le 1er et le 16 octobre 2025 sur 568 entreprises françaises employant au total plus de 650 000 salariés.