Inflation persistante, politique salariale 2026 en retrait et résultats records du Groupe Crédit Agricole : à l’heure d’ouvrir le débat salarial, les indicateurs convergent. Pour le SNB/CFE-CGC, 2027 doit être l’année d’une reconnaissance forte et largement partagée de l’engagement des salariés de LCL.
2026 : une politique salariale qui laisse trop de salariés de côté
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 2026, l’enveloppe consacrée aux mesures salariales individuelles « standard » est passée de 9,6 à 8,4 millions d’euros, soit une baisse de 12,5 %. Plus significatif encore, les mesures « socles », « repères » et « convergence » ont reculé de 9,4 à 6,1 millions d’euros, soit -35 %.
Conséquence : à fin septembre, seulement 39,3 % des salariés avaient perçu une mesure salariale individuelle contre 46,3 % en 2025. Autrement dit, près de six salariés sur dix n’ont bénéficié d’aucune mesure alors que l’inflation persiste (3,1% sur un an en septembre 2026 selon l’INSEE).
Les techniciens et les salariés de plus de 55 ans méritent ici une attention particulière. En effet, seulement 34,8 % des techniciens ont bénéficié d’une MSI et seul un tiers (33,1%) des plus de 55 ans s’est vu gratifié d’une augmentation de salaire.
Des résultats qui donnent des marges de manœuvre
Dans le même temps, le Groupe Crédit Agricole affiche une santé financière remarquable. Sur les neuf premiers mois de 2026, son résultat net part du Groupe atteint 7,654 milliards d’euros, en progression de 13,7 %, avec des revenus qui progressent de 8,8 % pour s’établir à 31,378 milliards d’euros. Au troisième trimestre, la solvabilité du Groupe s’affiche à 17,3%, soit bien au dessus des exigences réglementaires.
On comprend mieux l’accord NAO qui prévoit, pour 2027, l’attribution d’une mesure générale dans les Caisses régionales. On ne comprendrait pas qu’il en soit autrement pour LCL.
Lire l’article sur le résultat de la négociation NAO Crédit agricole : Pouvoir d’achat : après les Caisses régionales, LCL doit aussi passer aux actes – SNB LCL
Ces performances ne tombent pas du ciel. Elles reposent sur une activité commerciale soutenue, la confiance des clients, mais aussi sur l’engagement quotidien des équipes. Le Groupe souligne lui-même la force de la mobilisation de ses salariés et affiche au troisième trimestre des revenus en progression de 10,7 %.
Pour le SNB/CFE-CGC, lorsque le Groupe performe, ceux qui contribuent à cette performance doivent en recevoir une juste part.
Un package salarial à la hauteur
La réponse ne peut donc pas se limiter à quelques mesures ciblées. Le SNB/CFE-CGC revendique un véritable package global de reconnaissance, reposant sur quatre piliers :
- des mesures générales significatives, bénéficiant à tous, avec une attention renforcée pour les plus bas salaires afin de protéger leur pouvoir d’achat ;
- une enveloppe ambitieuse de mesures salariales individuelles, permettant de reconnaître réellement l’engagement, la performance, la prise de responsabilités et l’évolution des compétences ;
- une prime carburant de 1 000 euros, telle que nous l’avons déjà revendiquée, pour répondre concrètement au poids des déplacements dans le budget des salariés ;
- la poursuite résolue de l’égalité salariale entre les femmes et les hommes, avec des moyens financiers permettant de corriger durablement les écarts injustifiés. L’effort 2026 sur l’enveloppe Éga Pro, passée de 330 000 à 500 000 euros, doit être poursuivi et amplifié.
Le SNB/CFE-CGC ne demande pas de choisir entre performance économique et progrès social. Les résultats du Groupe démontrent précisément que nous avons les moyens de conjuguer les deux.
Après une année 2026 en retrait sur le plan salarial, le message doit être clair : 2027 doit être l’année du partage de la réussite et de la reconnaissance de toutes celles et ceux qui la rendent possible chez LCL.
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