Et si la performance passait aussi par le bon rythme ?
La rentrée est souvent synonyme d’accélération. Après la parenthèse estivale, les agendas se remplissent, les réunions s’enchaînent et les objectifs reprennent leurs droits. Pourtant, vouloir retrouver immédiatement son rythme de croisière n’est pas forcément la meilleure stratégie. Et si apprendre à ralentir permettait, au contraire, d’être plus efficace ?
Les vacances ont cette vertu : elles nous rappellent qu’il existe un autre rapport au temps. Moins de sollicitations, davantage de moments de respiration, parfois même quelques plages… sans rien faire. Puis vient la reprise et, avec elle, la tentation de replonger immédiatement dans le flux : mails en attente, réunions, Teams, téléphone, dossiers urgents, objectifs commerciaux…
Le risque ? Confondre vitesse et efficacité.
Faire moins vite pour faire mieux
Ralentir au travail ne signifie évidemment pas travailler moins. Il s’agit plutôt de retrouver la maîtrise de son rythme et de son attention.
Prendre quelques minutes pour hiérarchiser ses priorités avant de répondre à toutes les sollicitations, terminer une tâche avant d’en commencer trois autres, préparer réellement une réunion plutôt que de la subir ou simplement s’accorder quelques minutes entre deux rendez-vous : autant de réflexes qui peuvent améliorer la qualité du travail.
Dans les métiers de la banque, cette capacité est particulièrement précieuse. Écouter réellement un client, analyser un dossier de crédit, accompagner un collaborateur, détecter un risque ou construire une solution patrimoniale nécessite de la concentration. La performance ne se mesure donc pas seulement au nombre de tâches réalisées, mais aussi à leur qualité.
L’urgence ne doit pas devenir la norme
Le numérique nous donne parfois l’impression que tout doit être traité immédiatement. Un mail arrive : il faudrait répondre. Une notification apparaît : il faudrait la consulter. Un message Teams s’affiche : il faudrait interrompre ce que l’on faisait.
À force, notre attention se fragmente et la fatigue cognitive augmente.
Cette rentrée peut donc être l’occasion d’adopter quelques règles simples : identifier chaque matin deux ou trois priorités, préserver des plages de concentration, limiter les réunions sans objectif précis, accepter qu’un mail puisse attendre et distinguer ce qui est réellement urgent de ce qui est simplement présenté comme tel.
Retrouvez nos conseils de rentrée ici : Rentrée professionnelle : comment limiter la charge mentale des salariés – SNB LCL
Retrouver collectivement le bon tempo
Cette réflexion ne peut toutefois pas reposer uniquement sur les salariés. L’organisation du travail et les pratiques managériales ont également leur rôle à jouer.
Au SNB/CFE-CGC, nous défendons une conception durable de la performance : exigeante sur les résultats, mais attentive aux conditions dans lesquelles ils sont obtenus. Cela suppose de veiller à la charge de travail, de respecter les temps de repos et de déconnexion, mais aussi de laisser aux salariés suffisamment d’autonomie pour organiser leur activité.
Après les vacances, inutile donc de chercher immédiatement à rattraper le temps. Une rentrée réussie n’est peut-être pas celle où l’on repart le plus vite, mais celle où l’on retrouve le bon rythme.